Céline Arnauld

Alarma


.
Los sentimientos
alfombras de dormitorio en la casa
del anticuario
Mañana
Las alas del aeroplano
balancean el despertar de los amores
en ferrocarril
Los raíles llorando
la inteligencia descarrila
y sin inquietud los mecánicos se disputan
las canciones de los coches cama
Amigos míos amigos míos
no os fiéis de la chispa
el fuego prende en todas partes
incluso en vuestros cerebros
Parada primera estación
el jefe de línea sin razón
—es el escaparate del sol
en las ventanillas del vagón
o la inspiración anti-alcohol
de la mañana en envoltorios—
vaga en malabarismos con los paquetes
severamente llenos de café despertador
La potencia de las catapultas
rompe las alas tan frágiles del aeroplano
columpio de viejas ternuras
Oéh mis queridísimos amigos
sobre los sentimientos en alfombra de dormitorio
el tiempo pasa
la lluvia cae recelosa y mezquina
Vuestras palabras son la metralla
en las calles tornasol
Los cementerios se extienden hasta la hierba mustia…
Tened cuidado con las tumbas abiertas
.


Céline Arnauld. Avertisseur
The International Dada Archive
Traducción de Enrique Gutiérrez Miranda

Avertisseur

Les sentiments
descentes de lit dans la maison
de l’antiquaire
Matin
Les ailes de l’aéroplane
balancent le réveil des amours
en chemin de fer
Les rails en pleurs
l’intelligence déraille
et sans souci les mécaniciens se disputent
les chansons des wagons-lits
Mes amis mes amis
ne vous fiez pas a l’étincelle
le feu prend partout
même dans vos cervelles
Arrêt première station
le chef de gare sans raison
― est-ce l’étalage du soleil
sur les fenêtres du wagon
ou l’inspiration anti-alcool
du matin en papillotes –
divague en jonglant avec les colis
sévèrement remplis de café réveil-matin
La puissance des catapultes
brise les ailes trop fragiles de l’aéroplane
balançoire de vieilles tendresses
Ohé mes très chers amis
sur les sentiments en descente de lit
le temps passe
la pluie tombe méfiante et mesquine
Vos paroles sont des schrapnells
sur les rues tournesol
Les cimetières s’allongent jusqu’à l’herbe morte…
Prenez garde aux tombes ouvertes