Touria Majdouline

Él me abordó


Él me abordó
con esa arrogancia en los ojos
y me juró que yo era
lo primero que había visto en el universo
la última sombra en la que había hallado refugio
después se abatió
buscando en mi sueño y mi realidad
un salvoconducto
para destruirme

La lengua de la escucha bosteza en mi voz
Como si fueras el viento que habita mis profundidades
como si yo fuera el árbol llevado por los suspiros

Y me he despertado de ti
Déjame tomar impulso en mi herida
y marcharme
No sabes todavía
que no soy sino simplemente
uno de esos signos del femenino
o cualquier otra letra torcida

Es una mujer de junco
la que se viste de tus ojos
de tus manos
y traga apaciblemente tus palabras


tomas lo que quieres de los días
siembras lo que bien te parece de ilusiones

Ella
se desploma al final de la noche
como la hierba negra
se seca sus lágrimas y duerme


Touria Majdouline. Il m’a abordée (lupitovi.tumblr.com)
Traducción de Enrique Gutiérrez Miranda

Il m’a abordée

Il m’a abordée
avec cette arrogance dans les yeux
et m’a juré que j’étais
ce qu’il avait vu en premier dans l’univers
la dernière ombre où il avait trouvé refuge
puis il s’est abattu
cherchant dans mon rêve et ma réalité
un sauf-conduit
pour me détruire

La langue de l’écoute bâille dans ma voix
Comme si tu étais le vent habitant mes profondeurs
comme si j’étais l’arbre emporté par les soupirs

Et je me suis réveillée de toi
Laisse-moi prendre appui sur ma blessure
et m’en aller
Tu ne sais pas encore
que je ne suis plus simplement
l’un de ces signes du féminin
ou n’importe quelle autre lettre tordue

C’est une femme de roseau
qui s’habille de tes yeux
de tes mains
et avale calmement tes paroles

Toi
tu prends ce que tu veux des jours
tu sèmes ce que bon te semble d’illusions

Elle
s’écroule à la fin de la nuit
comme l’herbe noire
essuie ses larmes et dort